7 ème Edition
Mbagnick Diop, Président du Meds : «Le 7ème symposium Diaspora des Affaires sera une vitrine du Sénégal qui investit, du Sénégal qui travaille» PDF Imprimer Envoyer

De retour d’un voyage à Washington pour la préparation de la 7ème édition de la Diaspora des Affaires, le président du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, a accepté de bonne grâce de se plier aux questions de Rewmi Quotidien.

Rewmi Quotidien : M. le président, vous revenez d’une mission économique aux Usa, en vue de la préparation du 7é Symposium international Diaspora des Affaires. Pouvez-vous nous faire le bilan de ce voyage, avez-vous eu des contacts fructueux ?

Mbagnick DIOP : Je viens effectivement d’effectuer une visite de dix jours à Washington pour préparer la 7ème édition de la Diaspora des Affaires. A cet effet, j’ai eu des séances de travail avec le président du CCA (Corporate Council on Africa), notre partenaire stratégique ainsi que toutes les institutions américaines impliquées dans cet événement.

Comme vous le savez, le CCA est un des partenaires stratégiques du Meds pour l’organisation de ce grand symposium international, mais le Meds a aussi associé deux grands cabinets américains en l’occurrence Zahra & Associates et Sagas Global qui s’activent de manière dynamique à l’organisation de ce symposium. Il y a aussi l’implication de notre représentation diplomatique aux Usa que nous accueillons avec beaucoup de bonheur et de satisfaction. D’une manière générale, la mission a été un franc succès et toutes les indications nous confortent dans l’idée que cette 7ème édition sera une grande réussite.


Est-ce que le secteur privé américain et les institutions américaines sont bien impliqués dans l’organisation de ce symposium ?

Volontairement, nous avons décidé d’impliquer les institutions américaines et le secteur privé à cette organisation. Nous avons mis en place une plate-forme novatrice qui permet aux entreprises américaines investissant ou ayant des parts ou des intérêts en Afrique, de s’inscrire via cette plate-forme pour participer activement au symposium. D’ailleurs, à cet effet, à la date du 8 septembre, nous avons déjà enregistré l’inscription d’une centaine d’entreprises américaines pour ce symposium.

Nous avons aussi convié des institutions américaines à faire des communications sur l’environnement des affaires aux Usa, sur les opportunités d’affaires qu’offrent les Usa et ensuite sur le rôle et la place que le secteur privé américain devrait jouer avec le secteur privé sénégalais. Entre autres, plusieurs institutions vont communiquer comme le Doing Business with MCC, Eximbank Opic (Overseas priority investment corporation), l’Agoa, African Diaspora Marketplace, Usaid Western Union, qui est un programme pour financer des projets porteurs, la Chambre de commerce américaine, etc. Il y a aussi de grandes compagnies invitées comme Boeing ou encore Coca Cola… Et du côté de notre représentation diplomatique à Washington, la nouvelle ambassadrice, Mme Fatou Danièle Diagne a pris toutes les dispositions utiles et nécessaires pour faire de cette rencontre économique un succès et, par là même, en faire une vitrine du Sénégal qui investit, du Sénégal qui travaille, d’un secteur privé sénégalais compétitif et conquérant à souhait. D’une manière générale, c’est le Sénégal qui est mis en exergue. Cette mission a donc été d’une grande importance parce qu’elle a permis de recadrer certains points, de sensibiliser les différents acteurs impliqués.

Quels sont les objectifs et les résultats attendus pour cette 7ème édition, et que peut attendre le secteur privé sénégalais de ce genre de rencontre organisé annuellement dans une capitale occidentale ?

Ce même programme a été effectivement organisé par le Meds à travers le monde. La première édition a eu lieu à Paris, puis il y a eu New York, Milan, Barcelone, Montréal, Bruxelles l’année dernière et Washington cette année. Et nous comptons organiser la prochaine édition à Genève, en Suisse.
L’édition de Washington est triplement importante.

Un, par rapport au contexte actuel, deux avec le Mca, et trois avec l’Agoa que le secteur privé sénégalais n’arrive toujours pas à exploiter à sa juste valeur, et surtout le programme Usaid Western Union destiné à financer des projets aussi bien pour les privés sénégalais vivant aux Usa que les privés sénégalais évoluant ailleurs.

De l’autre côté, cette rencontre est capitale, fondamentale pour le secteur privé national car elle nous permet de saisir des opportunités d’affaires avec de grosses structures américaines qui n’ont pas l’habitude de travailler avec les sociétés sénégalaises. Dans la phase préparatoire de ce symposium, nous avons observé, malgré quelques questionnements légitimes des entreprises américaines, leur engouement à établir des relations de partenariat, de joint-venture, de transfert de technologie et de savoir faire, de prises d’action entre ces structures américaines et les potentiels partenaires sénégalais. Quelques institutions américaines citées plus haut ont décidé de communiquer sur les opportunités que l’Amérique offre à l’Afrique et singulièrement au secteur privé.

La rencontre aura lieu au prestigieux Capitole Hilton de Washington avec la présence de très hautes autorités sénégalaises, des pouvoirs publics, des institutions financières, du secteur privé et de l’ensemble des acteurs de développement. Une sélection rigoureuse a été opérée pour la participation effective à cette manifestation.

Nous devons comprendre aujourd’hui que le monde est devenu un village planétaire et qu’il est révolu le temps où on s’enfermait dans notre bulle sénégalo-sénégalaise en pensant que nous sommes le centre du monde, que tout tourne autour du Sénégal alors qu’aujourd’hui, la tendance est à l’ouverture, à des alliances stratégiques pour la compétitivité de nos entreprises. Nous devons donc impliquer les Sénégalais de la Diaspora qui regorgent de ressources humaines de qualité dans pratiquement tous les domaines. Aujourd’hui il faut orienter l’épargne des Sénégalais de l’extérieur qui, jadis, investissaient dans l’immobilier vers un investissement productif, c’est-à-dire dans les industries, les infrastructures… Il faut créer une véritable économie de l’émigration, et le secteur privé national doit offrir à nos compatriotes établis à l’extérieur et désirant s’investir dans l’initiative privée, la possibilité de s’adosser sur l’existant et de maîtriser l’environnement des affaires et le code des investissements au Sénégal. La démarche du Meds s’inscrit dans une dynamique unitaire, pour faire du Sénégal un pays émergent dans les prochaines années…