Discours de M. Pape DIOP - President du Senat - Forum 2011 PDF Imprimer Envoyer
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la formation professionnelle
  • Monsieur le Ministre de la Jeunesse et des Loisirs
  • Monsieur le Ministre de la Communication,
  • Monsieur le Président du Mouvement des Entreprises du Sénégal - MEDS
  • Mesdames, Messieurs
  • Chers Invités.

C’est avec un réel plaisir que je viens présider aujourd’hui, la cérémonie d’ouverture de la onzième édition du Forum du premier emploi qui constitue, un des événements promotionnels les plus importants que compte notre pays en faveur de l’emploi des jeunes.

Ce Forum qui constitue le plus grand rassemblement des jeunes en quête, d’une première expérience professionnelle dans notre pays a permis à plusieurs centaines de jeunes compétences de décrocher un premier de contrat de travail.

Mesdames, Messieurs,

Comme vous le savez, le Sénégal, à l’instar de presque tous les pays en développement est confronté à un chômage et un sous-emploi qui prend de plus en plus de l’ampleur. Si cette situation n’épargne aucune catégorie socio – professionnelle, il reste établi qu’elle se pose avec beaucoup plus d’acuité aux  primo – demandeurs d’emploi, c’est à dire aux nouveaux diplômés, sans expérience professionnelle, qui arrivent sur le marché du travail.

Sur le chemin qui mène au premier emploi, cette catégorie de demandeurs rencontre d’énormes difficultés, parmi lesquelles, hormis la raréfaction de l’offre d’emploi, on peut citer entre autres le manque d’informations, l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché et le manque de préparation des jeunes pour approcher les entreprises ; problèmes que se propose de résoudre le forum du premier emploi.

Mesdames, Messieurs,

Cet évènement est d’importance parce que la question de l’emploi est devenue aujourd’hui, un enjeu national compte tenu de l’ampleur du chômage.

En effet, selon les données de l’ESAM II, le taux de chômage est de 16 % au niveau national avec un taux de chômage urbain de 25,6 %, et qui atteint même 27,7 % à Dakar.

Cette tendance doit être renversée et l’événement qui nous réunit aujourd’hui est, sans nul doute, une démonstration de la mobilisation croissante de différents segments de la société dans ce combat pour venir à bout du chômage, du sous emploi et de la pauvreté.

Mesdames, Messieurs,

Le Gouvernement du Sénégal, à travers diverses initiatives se propose de relever le défi. C’est ainsi que la Convention Nationale Etat Employeurs, signée en avril 2000, qui vise à faciliter l’insertion des jeunes à travers un mécanisme de partage des charges entre l’Etat et l’entreprise a permis d’insérer plus de mille jeunes, avec près de cent entreprises partenaires de la convention. Cette convention va être élargie aux ONG et aux entreprises du secteur informel qui ont manifesté leur intérêt par rapport à la convention. Le nouveau projet qui va plus coller aux besoins et réalités des entreprises permettra de booster les résultats.

De même, dans le cadre de l’amélioration du cadre institutionnel du marché de l’emploi tant sur l’intermédiation par le rapprochement de l’offre et de la demande de travail que sur l’information sur le marché, des initiatives importantes ont été prises.

Après la création de l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes, le Service de la Main-d’œuvre, principal service public de l’emploi au Sénégal a été redynamisé et prend aujourd’hui de plus en plus de l’importance sur le marché. Il ya quelques semaines, l’Etat a mis en place un Haut Conseil de l’emploi et de la Formation qui ambitionne de créer un million d’emplois d’ici 3 ans.

La question de l’information sur le marché du travail constitue également une préoccupation pour les autorités. Le Chef de l’Etat, lors du Sommet de Ouagadougou sur l’emploi et la pauvreté l’a relevé et a insisté pour que soit améliorée la comptabilité sociale sur les créations d’emploi par les différents acteurs du marché de l’emploi. Une étude de mise en place d’un Observatoire de l’emploi a été lancée. Sa mise en place  permettra de mieux prendre en charge cette question vitale pour le pilotage

En outre, la mise en œuvre de programmes intensifs en main d’œuvre permettra de soutenir la croissance économique et de sortir de la pauvreté d’importantes couches de la population à travers la création d’emplois et la distribution de revenus.

Mesdames, Messieurs,

Face aux défis que constituent le chômage, le sous-emploi et la pauvreté, le gouvernement déploie déjà des ressources importantes, à travers des programmes visant à réduire le sous emploi en milieu rural, par la diversification et la consolidation des activités. Il en est ainsi, pour n’en citer que quelques-uns, du Programme de Modernisation et d’Intensification Agricole (PMIA), du Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR), tout comme du Programme de Promotion de la Micro entreprise Rurale (PROMER) et du Fonds de développement social.

Ces programmes constituent de très importants investissements consentis par l’Etat pour la promotion de l'emploi des jeunes.

La problématique du chômage dans les banlieues a aussi retenu l’attention des pouvoirs publics. Pour y faire face, le Gouvernement, a créé l’OFEJBAN et l’a doté d’importants moyens.

Mesdames, Messieurs,

Le secteur privé, pour sa part, joue également sa partition dans la croisade contre le chômage des jeunes. Ce Forum du premier emploi en est une parfaite illustration qui apporte des réponses appropriées à des problèmes bien particuliers de l'insertion des jeunes diplômés dans la vie active. Il offre un espace et un moment de rapprochement entre l’offre et la demande de travail, avec une préparation des demandeurs d’emploi à une relation efficace avec l’entreprise grâce à un coaching sur les techniques de recherche active d’emploi.

Ce coaching aide les jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi à se positionner comme «offreur de compétences» et non comme demandeur d’emploi simplement. Ce qui est une attitude plus valorisante face à l’entreprise qui recherche des compétences utiles au renforcement de sa posture compétitive. L’Etat du Sénégal et les principales Institutions dont le Sénat que j’ai l’honneur de diriger soutient cette manifestation qui s'institutionnalise et prend une place centrale dans le paysage promotionnel de l'emploi des jeunes, à l’instar de la semaine nationale de l'emploi.

Il convient d'en remercier Monsieur Mbagnick DIOP, le Président du Mouvement des Entreprises du SENEGAL - MEDS qui a fait preuve d'esprit d'entreprise dans un domaine à la charnière de l'économique, parce qu'il s'agit de compétences et de qualifications ayant une valeur économique, et du social, parce qu'il s'agit de lutter contre la pauvreté en facilitant l’accès à l'emploi. Nous le félicitons ainsi que tous les membres du MEDS.

Le Secteur Privé apporte également sa contribution appréciable à ce chantier, à travers le Réseau d'Insertion Professionnelle des jeunes diplômés qui a permis de placer près de 1000 jeunes en stages pré embauche et l'introduction de la formation à l'esprit d'entreprise dans quelques établissement de formation professionnelle.

On le voit, l’Etat, ainsi que les Institutions Nationales comme ses partenaires du privé, déploie des efforts importants pour faciliter l’accès des jeunes à leur premier emploi.

Mesdames, Messieurs,

Les résultats restent encore en  deçà  de l'ampleur du défi et  de la persistance des facteurs d'exclusion des jeunes du marché du travail.

Il  y a des facteurs qui dépendent des jeunes et qui renvoient à la confiance en soi, à l’autonomie, la volonté de savoir et de réussir,   de s'engager dans toute activité productive qui les socialise et donne un sens à la vie, la solidarité entre eux. Assurément, le Forum du premier emploi, en les préparant à des entretiens de recrutement,  les aide à prendre conscience de leur valeur et à se mettre en confiance dans la relation avec l’entreprise.

Il  y a des facteurs qui dépendent de l'Etat. Il s'agit de la politique de l'enseignement général, et, en particulier, de la formation professionnelle, qui reste encore distante des enjeux et objectifs de la politique de l'emploi. Des réformes sont entreprises sur ce champ et devraient tendre vers une plus grande efficacité du système en termes d'insertion de ses produits dans le secteur productif. Une large part des solutions aux problèmes de chômage des jeunes  diplômés viendra de ce système.

Il s'agit aussi des déficits réels  du dispositif national d'orientation scolaire et professionnelle aujourd'hui dominé par le Centre national d'orientation scolaire et professionnelle. Il faut reconnaître que sans un tel dispositif qui soit opérationnel avec des ressources importantes à la hauteur des enjeux, les effets des efforts consentis pour lutter contre le chômage des jeunes diplômés resteront limités.

Pour sa part, l'entreprise, en particulier la pme qui constitue l'essentiel du tissu économique national, approche l'emploi par une analyse des coûts beaucoup plus que par une analyse des compétences et de leur contribution à la productivité globale des facteurs.

Mesdames, Messieurs,

Il s'agit aussi des lacunes du système d'information sur le marché de l'emploi  qui empêchent d'avoir une visibilité sur les tendances des emplois dans leur structure et leur contenu, de l'évolution des qualifications, des besoins de l'économie en ressources humaines.

Les insuffisances d'informations ne favorisent pas la fluidité du marché du travail et créent des rigidités qui freinent l'embauche des jeunes diplômés par les entreprises.

Sur ce plan, des actions sont en cours avec le projet de mise en place d'un Observatoire national de l'emploi et des qualifications professionnelles, et le projet d’élaboration d'un répertoire opérationnel des emplois et métiers, référentiel indispensable à toute action dynamique et efficace sur l'emploi et la formation professionnelle.

Il  s'agit aussi de la faible implication des collectivités locales dans la lutte contre le chômage par des stratégies locales porteuses pour le développement économique local et l'emploi local. Elles en ont les prérogatives légales et doivent jouer leur partition dans ce combat.

Mesdames, Messieurs,

Les considérations qui précèdent n'épuisent pas la problématique du chômage des jeunes. Loin s'en faut. Nous avons surtout voulu porter sur cet enjeu à la fois économique et social un regard analytique sur le paysage institutionnel pour le convoquer dans la construction  de réponses au problème du chômage des jeunes diplômés.

Je souhaite plein succès à cette importante manifestation et déclare ouverte  la onzième édition du Forum du premier emploi.

Je vous remercie de votre aimable attention.