Discours de M. Mbagnick DIOP - President du MEDS - Forum du 1er Emploi 2011 PDF Imprimer Envoyer
  • Monsieur le Président du Sénat
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle,
  • Monsieur le Ministre de la Jeunesse
  • Monsieur le Ministre de la Communication, Porte Parole du Gouvernement
  • Mesdames, Messieurs les Présidentes et Présidents d’Organisations Professionnelles et Patronales
  • Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux et Nationaux,
  • Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise
  • Mesdames, Messieurs chers invités
  • Chers Jeunes Compatriotes,

C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je vous retrouve chaque année à l’occasion du Forum du 1er Emploi.

Cet instant est un moment important pour le MEDS, pour le Gouvernement du SENEGAL et pour nos jeunes compatriotes diplômés ou ouvriers spécialisés en quête d’une première expérience professionnelle.

Le Mouvement des Entreprises du SENEGAL – MEDS a initié le concept novateur du Forum du 1er Emploi pour apporter sa contribution à la solution de la problématique du chômage.

Parmi ces problématiques, figure en bonne place la question de l’emploi dont la résolution conditionne notre avenir, sa stabilité, si l’on tient compte de son fort impact politique, économique et social.

La crise financière qui a secoué le monde à partir de 2007 s’est traduite par un ralentissement de la croissance dans le monde, entrainant ainsi des pertes d’emploi et ses corollaires, le chômage et la pauvreté dans le monde.

Avec plus de 300 millions de chômeurs en 2009, c’est près de  7 millions de nouveaux chômeurs qui seront comptabilisés chaque année sur le marché mondial du travail avec un taux de chômage d’environ 6.1%.

Dans le monde comme en Afrique, le ratio du taux de chômage des jeunes/adultes était de un à trois, ce qui montre clairement les difficultés particulières qui freinent la participation des jeunes au marché du travail.  L’élasticité de l’emploi des jeunes par rapport à la croissance du PIB est cependant faible, le cinquième seulement de celle observée par l’ensemble des travailleurs.

Dans ce contexte, tous les pays accentuent leurs vigilances et envisagent des mesures vigoureuses pour sauver leur économie et préserver l’emploi.

Notre pays, le SENEGAL ne peut pas être en reste. Il importe aujourd’hui pour tous les acteurs publics et privés de mettre en commun nos efforts en vue de trouver des solutions à la question de l’emploi.

Cette question doit aujourd’hui fédérer toutes nos énergies et transcender vos convictions politiques et philosophiques.

En un mot, nous devons construire un consensus fort autour l’impérieuse nécessité d’opposer une réaction rigoureuse et salvatrice au fléau du chômage.

Cette réaction devra obligatoirement passer par un sursaut économique qui appelle, de tous les acteurs, plus d’engagement et lus d’efficacité dans l’action.

En effet, l’emploi ne se décrète pas ; il se construit à partir de l’économie.

Nous devons susciter plus d’investissement, créer plus de richesses, obtenir une croissance plus élevée qui à son tour, génère plus d’emplois. C’est la seule façon connue et éprouvée de lutter contre le chômage.

Mesdames, Messieurs,

Nous devons donc favoriser la réalisation d’investissement dans notre pays.

Pour arriver à cette fin les pouvoirs publics et le secteur privé ont chacun un rôle important à jouer. Chaque acteur du secteur économique doit parcourir sa part de chemin.

Ainsi, le Gouvernement doit renforcer son soutien aux entreprises, par des mécanismes à inventer, afin de permettre aux entrepreneurs d’investir davantage et de créer des richesses et des emplois.

D’autres instruments, à l’instar de la Convention Nationale Etat-Employeurs, doivent être crées pour encourager le secteur privé à recruter.

La fiscalité, dans certains de ses aspects, doit être revue pour devenir un instrument d’orientation de la politique économique en faveur de l’emploi.

Par ailleurs, il importe d’adapter les filières de formation aux besoins de l’économie.

A cet effet, des concertations permanentes doivent être établies entre les structures de formation et les entreprises.

Les contenus des enseignements doivent, de plus en plus être inspirés par les emplois disponibles et les nouveaux métiers en gestation.

La formation professionnelle inadaptée de nos ressources humaines constitue un handicap très sérieux dans l’emploi des jeunes.

Actuellement, on peut considérer que la problématique des jeunes, surtout le chômage des jeunes est comme une bombe, qui à un moment donné, si on ne la désamorce pas, peut exploser et générer une instabilité politique, sociale et économique grave.

Les jeunes ont plusieurs problématiques qui justifient le chômage, entre autres il y a la qualité de la formation professionnelle. Actuellement, on remarque que les formations reçues par les jeunes, ne sont pas nécessairement en adéquation avec les besoins des employeurs. Donc, il y a un certain fossé entre l’offre et la demande de l’emploi, qui impose une nécessité impérieuse de réformer les curricula et de s’adapter à la demande de nouvelle Economie.

Cette manque de cohérence entre la formation professionnelle et l’offre de travail des entreprises, pose surtout la problématique de l’employabilité.

L'employabilité se définit comme l'ensemble des préalables qu'une personne doit posséder à un niveau minimal afin de chercher, de trouver et de conserver un emploi. Il est surtout question de connaissance, d'habileté et d'attitudes, qu'il est possible de classer par rapport à quatre dimensions :

  • les préalables généraux,
  • les préalables spécifiques à un secteur d'emploi concerné,
  • les habiletés de recherche d'emploi
  • et l'adaptation au travail.

L’« employabilité » est devenue aujourd’hui une notion centrale de toutes les stratégies sur l’emploi, le travail, le chômage et la formation professionnelle.

Enfin, L'employabilité, c’est l'aptitude d'un salarié à occuper des fonctions correspondant à sa qualification professionnelle ou à son potentiel d'évolution, dans le contexte du marché de l'emploi. L’employabilité suppose de la part du salarié, mais aussi de l'entreprise qui l'emploie, certaines capacités d'adaptation.

Nous avons le devoir d’adapter nos démarches et  méthodologies à celle de la Nouvelle Economie.

La nouvelle Economie  s’accompagne d’un  décloisonnement des marchés avec une concurrence forçant une meilleure compétitivité et surtout, d’une surabondance informationnelle.  Dans cette nouvelle ère, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont un rôle  et une place déterminante en tant qu’outil de développement et d’efficience de cette information à tous les niveaux et dans tous les domaines (stratégique, éducation, etc.). Et c’est justement l’influence croisée des phénomènes de  mondialisation, de la société du savoir et des Tics qui nous amène à parler aujourd’hui de la nouvelle économie ou  de l’économie de la connaissance.

La Nouvelle Economie est une économie basée sur le savoir, la connaissance. C’est une réorganisation complète de notre organisation, à travers la finance (géofinance), la mondialisation et l’innovation technologique. C’est une économie basée sur trois paramètres : vitesse, connectivité et l’immatériel. Les changements de paradigmes interviennent à plusieurs niveaux, entre autres, la production, l’organisation, la main d’œuvre.

Les nouveaux emplois sont situés dans les secteurs à haute valeur ajoutée de connaissances et les employés ont la particularité d’être flexibles, compétents et créatifs. La bonne formation professionnelle et la connaissance technique et technologique sont au cœur de ces marchés dominés par les services aux entreprises, l’innovation et la connaissance. Fort de nos capacités en prospective, nous avons aujourd’hui le devoir de changer de paradigme et afficher notre volonté de rupture avec cette situation sociale pesante pour une large composante de la population et qui risque de déstabiliser tous nos efforts et sacrifices.

Sous ce rapport, nous appelons de tous nos vœux la réalisation effective du Répertoire Opérationnel des Métiers et Emplois (ROME).

Le secteur privé, pour sa part, à côté de son objectif naturel d’être compétitif et de faire les bénéfices, doit de plus en plus, investir le champ de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE).

Il doit privilégier les investissements pourvoyeurs d’emplois et accorder une place importante aux conditions de vie des travailleurs.

Les syndicats, de leur côté, doivent privilégier les doléances légitimes, favoriser la cohésion sociale et abandonner la surenchère qui est plutôt facteur de blocage et de régression.

En un mot, nous devons construire une synergie de nos efforts et de nos initiatives pour venir à bout du chômage et créer une société de progrès, de liberté, de justice et d’équité.

Le rêve du MEDS, c’est de construire un Sénégal où régnera le plein emploi et où chacun de nos compatriotes aura le bonheur de servir le pays.

Le MEDS a réalisé en 11 années, son défi du «MEDS, le Pari de l’Action », aujourd’hui, notre nouveau challenge devient « MEDS, le Pari de la connaissance ».

Il existe un nouveau défi commun, qui est de repenser complètement le modèle de nos politiques macroéconomiques et faire de la création d’emplois de qualité, de l’auto-emploi, un objectif central de la politique macroéconomique en même temps qu’une forte croissance, une inflation faible et des politiques budgétaires équilibrées. Dans cette nouvelle Economie, nous ne devons pas oublier que c’est la qualité du travail, l’éducation, la formation professionnelle qui définissent la qualité d’une société qui gagne.

Pour relever le défi du chômage des jeunes:

  • L’Etat doit renforcer et soutenir la formation technique professionnelle avec comme promis, le reversement de la totalité du pourcentage destiné à cette fin ;
  • Réorganiser le cadre institutionnel en vue d’une meilleure  synergie entre les structures opérationnelles et l’accroissement de leur efficacité ;
  • Restructurer le système d’information et le rendre fiable, car l’information sur le marché du travail est un élément important pour la promotion de l’emploi des jeunes ;
  • Développer des chantiers écoles pour renforcer la qualité de la qualification des jeunes constitués d’une importante proportion d’analphabètes et de déscolarisés ;
  • Reconfigurer le système éducatif pour renforcer la qualification des jeunes, tant en ce qui concerne leur niveau de qualification, que du point de vue de l’adéquation aux besoins des entreprises;
  • Reconstruire la nature du tissu économique, et le rendre plus  dynamique et compétitive à travers les Tics.
  • la capacité d’entreprendre des jeunes, doit être facilité pour promouvoir l’accès à la création d’entreprise dans les secteurs des services à valeur ajoutée et des Tics;
  • Faciliter l’accès des jeunes aux moyens de production et aux crédits pour l’auto-emploi.
  • Rendre les jeunes ayant une formation plus attrayants sur le marché de l’emploi par des programmes de renforcements de capacités adaptés.

Dans ce nouveau contexte économique, social, les éléments clés deviennent l’éducation, la formation professionnelle de qualité, afin d’optimiser le potentiel humain, la flexibilité dans les processus décisionnels et la mise en réseau des ressources humaines. Telles doivent être les priorités absolues des Etats modernes décidés à réussir l’intégration de la majorité de la population subsaharienne dans le monde de l’emploi et assurer le futur de nos pays.

La problématique de l’emploi des jeunes doit être au cœur de toutes les stratégies de développement national, régional et continental, si nous voulons un meilleur devenir politico- économique de l’Afrique. La jeunesse actuelle est celle d’une génération interactive. Elle est bien informée à travers les réseaux sociaux et reste très soucieux du respect de ses droits.

Aujourd’hui, pour rester compétitif ou simplement pour survivre dans un climat social apaisé, il faut désormais mettre une stratégie de l’emploi des jeunes au cœur de tous les programmes et politiques de développement. Il devient dés lors urgents de pendre conscience des enjeux de la nouvelle Economie, afin de bâtir un futur prometteur pour notre jeunesse, à travers les réponses durables et adaptées à la Nouvelle Economie.

Quand plus la moitié (60%) de la population active d’une société est au chômage, les pays africains n’ont aucune circonstance atténuante pour rater cette occasion unique de s’accrocher enfin aux wagons de la nouvelle économie, afin d’intégrer les nouveaux outils et relancer l’emploi et la compétitivité.

Si aucune action significative n’est faite rapidement aujourd'hui par les gouvernants, ils pourraient être coupables de négligences demain.

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,

 

Avant de terminer, je voudrais souligner, ici, avec force, le soutien et l’engagement, à nos côtés, des pouvoirs publics.

En effet, depuis la première édition du Forum, nous avons toujours été soutenus et accompagnés par le Chef de l’Etat  et par le Gouvernement du Sénégal qui n’ont ménagé aucun effort pour faire de la manifestation, un succès.

La présence, parmi nous, ce matin, du Président du Sénat et celle d’autres membres du Gouvernement constitue l’illustration           la plus parfaite de l’intérêt que les autorités sénégalaises portent à nos activités.

Remerciements appuyés au Président du Sénat M. Pape DIOP qui a toujours cru au concept du Forum du 1er Emploi.

En effet, en sa qualité de Maire de Dakar et de Président de l’Assemblée Nationale, il a eu à présider trois années de suite en 2002, 2003 et 2004 les éditions du Forum du 1er Emploi.

Monsieur le Président du Sénat, le MEDS par ma voix et l’ensemble des jeunes vous dit merci pour tout votre engagement et soutien de tous les jours.

Votre présence et celle des ministres de la république, nos amis et frères Moussa SAKHO, Lamine KEITA et Moustapha GUIRASSY, les fidèles compagnons du Forum, constitue assurément, un motif supplémentaire d’espoir et une nouvelle raison d’engagement.

Aussi je voudrais souligner avec force la gratuité du Forum. Le Forum du 1er Emploi est entièrement gratuit pour l’ensemble des participants. Le MEDS prend en charge l’ensemble des frais d’organisation : le transport, l’hébergement, la restauration et la logistique des postulants, qui viennent de l’intérieur du pays. Pour ceux de Dakar aussi la gratuité est totale.

L’esprit du Forum c’est de créer un cadre interactif entre les recruteurs et les demandeurs d’emploi. Permettre à ces derniers de pouvoir se « vendre » aux chefs d’entreprises à la recherche de ressources humaines de qualité, favoriser le contact direct.

Pour le MEDS, la tenue régulière du Forum depuis 11ans représente notre contribution à l’effort national pour la résolution du chômage des jeunes en particulier les jeunes diplômés.

Avant de terminer, je voudrais remercier tous ceux qui ont répondu à notre appel pour faire du Forum du1er Emploi ce qu’il est devenu aujourd’hui, c'est-à-dire un événement phare en matière d’insertion des jeunes.

Je voudrais également exprimer l’espoir de voir les attentes de ces milliers de jeunes, assis devant nous, se réaliser à la fin de ce Forum. Ce sera notre plus grande satisfaction.

 

Je vous remercie de votre écoute active.